La gestion de la qualité des opérations de déminage

Le déminage humanitaire, qui vise la dépollution des terres en vue de leur restitution aux populations à des fins de production, pose une question centrale, celle du rétablissement de la sécurité humaine dans des zones où la libre circulation des personnes est mise en péril.

Cet enjeu, déterminant tant pour le devenir des populations  que pour le succès de toute initiative de développement, a conduit à la mise en place d’un mécanisme de gestion de la qualité afin de s’assurer que toutes les mesures appropriées concourant à l’atteinte du résultat escompté ont été prises.

Ainsi, toute organisation désirant travailler en qualité d’opérateur de déminage au Sénégal doit disposer d’une accréditation qui est l’acte officiel délivré par l’autorité compétente en la matière. Cette autorisation n’est acquise que si le postulant établit sa capacité à conduire, en toute sécurité, des opérations de déminage, ce qui suppose des aptitudes aux plans de la gestion financière et administrative, une expérience opérationnelle avérée et une surface financière suffisante.

Ce contrôle en amont est couplé à un système de supervision destiné à vérifier l’application par l’opérateur des règles applicables, notamment la mise en œuvre de ses procédures opérationnelles permanentes qui découlent des normes sénégalaises d’action antimines. Il s’agit, au cours de l’exécution des opérations, de surveiller les aspects fondamentaux de la tâche dont, entres autres, la planification des opérations, l’installation, la gestion et le contrôle des chantiers, le marquage de la zone, l’évaluation des démineurs dans le cheminement, la destruction des mines et restes explosifs de guerre, la formation et le recyclage du personnel ainsi que l’appui médical.

Le schéma est parachevé par un contrôle à postériori ou post déminage qui a pour finalité de valider le produit présenté par l’opérateur à la suite du bouclage du chantier. Cette opération matérielle, si elle s’avère concluante, entrainera des effets juridiques en ce qu’elle opérera transfert de la responsabilité du terrain de l’opérateur à l’autorité nationale.

Pour ce faire, le prestataire devra satisfaire aux exigences d’une inspection au travers d’un échantillonnage dont les conditions d’application sont fonction de l’utilisation envisagée du terrain, la taille de la parcelle et l’expérience de l’opérateur.

En effet, étant donné que les conditions d’exploitation d’un terrain diffèrent selon qu’on prévoit d’y pratiquer l’agriculture, construire un immeuble ou aménager un marché, son utilisation envisagée sera de nature à modifier sensiblement la taille des lots et donc la superficie totale devant faire l’objet du contrôle.

De même, l’expérience du prestataire joue un rôle important d’autant qu’il détermine le degré de confiance dont il peut se prévaloir auprès de l’autorité nationale.

Ce degré de confiance établit, à lui tout seul, le niveau d’inspection qui, à son tour, induit des incidences sur la superficie à contrôler. Les niveaux d’inspection applicables varient du rigoureux (plus grande surface à inspecter) au réduit (plus petite superficie à contrôler), en passant par le normal (surface moyenne à contrôler). 

Cet arsenal devrait permettre d’aboutir à un produit fini de grande qualité et de sauvegarder l’essentiel qui reste et demeure le rétablissement de la libre circulation des biens et des personnes.